GLOBALG.A.P. est aujourd’hui l’un des cadres de référence les plus structurants pour démontrer la conformité des pratiques de production agricole à l’échelle internationale. Né d’une initiative européenne devenue mondiale, il organise l’évaluation de la production primaire autour de thèmes majeurs : sécurité des produits, traçabilité, environnement, conditions de travail et, selon les cas, bien-être animal. La certification est réalisée par des organismes tiers approuvés, dans un cadre reposant sur l’ISO/IEC 17065, avec en principe un renouvellement annuel.
Pour les producteurs, l’enjeu ne se limite pas à “obtenir un certificat”. Il s’agit surtout de mettre en place un système fiable, lisible et défendable, capable de répondre aux attentes du marché tout en structurant durablement les pratiques de l’exploitation.
La certification GLOBALG.A.P. est un référentiel international de bonnes pratiques agricoles destiné à encadrer les conditions de production à la ferme. Elle vise à apporter des garanties sur plusieurs dimensions clés : la sécurité des produits, la traçabilité, la protection de l’environnement, la santé et la sécurité des travailleurs, ainsi que, selon les filières concernées, le bien-être animal. Aujourd’hui, le dispositif est utilisé dans plus de 130 pays et s’est imposé comme une référence reconnue dans de nombreuses chaînes d’approvisionnement agricoles et agroalimentaires.
D’où vient GLOBALG.A.P. ?
L’initiative naît en 1997 sous le nom d’EurepGAP, à l’initiative d’acteurs de la distribution européenne qui cherchaient à harmoniser leurs exigences en matière de production agricole. Leur objectif était de répondre à la montée des attentes des consommateurs sur la sécurité des denrées, l’impact environnemental des pratiques agricoles et les conditions de travail sur les exploitations. Le nom GLOBALG.A.P. est ensuite adopté pour refléter l’extension internationale du dispositif au-delà du cadre européen initial.
Depuis, GLOBALG.A.P. a développé un portefeuille de référentiels couvrant plusieurs domaines de production, notamment les fruits et légumes, l’aquaculture, certaines cultures végétales, la floriculture et d’autres segments de la production primaire. Le standard le plus emblématique reste IFA, pour Integrated Farm Assurance, qui constitue le socle historique de la certification.
À quoi sert concrètement cette certification ?
GLOBALG.A.P. n’est pas un simple label marketing. C’est un cadre de conformité qui aide les producteurs à structurer leurs pratiques, à documenter leurs opérations et à démontrer à leurs clients qu’ils maîtrisent les principaux risques liés à la production agricole. Le référentiel met l’accent sur la prévention plutôt que sur la correction tardive : hygiène, usage raisonné des intrants, traçabilité, gestion documentaire, maîtrise des risques, protection des personnes et respect des exigences applicables à la filière sont au cœur de l’approche.
Pour beaucoup d’exploitations, la certification joue aussi un rôle d’accès au marché. De nombreux acheteurs, importateurs, distributeurs ou donneurs d’ordre s’appuient sur GLOBALG.A.P. comme prérequis ou comme base d’évaluation des fournisseurs. L’intérêt est donc à la fois commercial, organisationnel et réputationnel.
Quels sont les grands thèmes couverts par GLOBALG.A.P. ?
Le contenu exact varie selon le périmètre certifié, mais les exigences reposent généralement sur quelques piliers récurrents.
Le premier est la sécurité des produits. Cela passe par la maîtrise des contaminations, la gestion des intrants, l’hygiène, la qualité de l’eau, l’enregistrement des pratiques et la capacité à remonter l’historique d’un lot.
Le deuxième concerne la traçabilité et la transparence des opérations. L’exploitation doit être capable de démontrer ce qui a été fait, quand, où, par qui et sur quel produit. C’est un point central dans les chaînes d’approvisionnement internationales.
Le troisième porte sur l’environnement et la durabilité des pratiques. Le référentiel intègre des exigences relatives à l’usage des ressources, à la gestion des déchets, à certains impacts environnementaux et, selon les filières, à des enjeux plus spécifiques de biodiversité ou de préservation des écosystèmes.
Le quatrième touche aux personnes : santé, sécurité et bien-être des travailleurs. GLOBALG.A.P. inclut des attentes sur les conditions de travail, la prévention des risques et la mise à disposition d’instructions adaptées.
Enfin, certaines filières intègrent des exigences liées au bien-être animal ou à des pratiques sectorielles spécifiques, en particulier en aquaculture.
Comment fonctionne la certification ?
La certification est délivrée par des organismes de certification tiers, indépendants, approuvés dans le système GLOBALG.A.P. Le dispositif repose sur une logique d’audit externe : l’exploitation ou le groupement de producteurs met en place les exigences du référentiel, puis fait vérifier sa conformité par un organisme habilité. GLOBALG.A.P. indique que son réseau comprend plus de 190 organismes de certification approuvés dans le monde.
Sur le plan de la conformité, ces organismes doivent répondre aux exigences de l’ISO/IEC 17065, la norme internationale de référence pour les organismes certifiant des produits, des procédés ou des services. Cette norme encadre notamment la compétence, l’impartialité et la cohérence de fonctionnement des certificateurs. GLOBALG.A.P. rappelle explicitement que cette accréditation est un élément clé de son système.
Il est donc important de distinguer trois niveaux :
- GLOBALG.A.P. définit les référentiels et les règles du système ;
- Les organismes de certification réalisent les audits et délivrent les certificats ;
- Les organismes d’accréditation vérifient la compétence de ces certificateurs au regard de l’ISO/IEC 17065.
Quelles sont les grandes étapes du parcours de certification ?
La première étape consiste à identifier le bon périmètre de certification. GLOBALG.A.P. propose plusieurs solutions selon la filière, le type de production et la maturité de l’exploitation. Il faut donc commencer par déterminer le standard applicable, le champ couvert et la structure de certification la plus adaptée.
La deuxième étape est documentaire et opérationnelle. Le producteur télécharge les documents applicables, analyse les exigences, met en place les procédures nécessaires et organise les enregistrements attendus. GLOBALG.A.P. résume ce parcours dans une logique simple : télécharger les documents, mettre en œuvre les exigences, demander l’audit, passer l’audit, puis recevoir le certificat en cas de conformité.
La troisième étape est la sélection d’un organisme de certification approuvé. GLOBALG.A.P. met à disposition un annuaire public permettant d’identifier les certificateurs autorisés selon les pays et les référentiels.
Vient ensuite l’audit lui-même. Il permet de vérifier la conformité des pratiques, des enregistrements, de la traçabilité et des dispositifs de maîtrise. Selon le schéma choisi, l’audit peut porté sur un producteur individuel, plusieurs sites ou un groupement disposant de son propre système de management de la qualité.
Si les exigences sont satisfaites, un certificat est délivré. En règle générale, la certification est valable un an et fait l’objet d’un renouvellement annuel.
Certification individuelle ou certification de groupe : quelle différence ?
GLOBALG.A.P. prévoit plusieurs options de certification. La plus connue est l’option individuelle, qui s’applique à un producteur seul ou à une structure multisite dans certaines conditions. Il existe aussi une certification de groupe, conçue pour les organisations qui rassemblent plusieurs producteurs au sein d’une même entité avec un système qualité commun.
Cette distinction est importante car elle influe sur l’organisation interne, les contrôles, l’échantillonnage et le rôle du système qualité collectif. Pour les structures qui fédèrent plusieurs exploitations, la robustesse du pilotage interne devient un élément déterminant de la conformité.
GLOBALG.A.P. couvre-t-il toute la chaîne ?
Pas entièrement. Le cœur historique de GLOBALG.A.P. concerne la production primaire. Pour certaines activités en aval, d’autres solutions du portefeuille peuvent s’ajouter, comme la chaîne de contrôle (Chain of Custody) ou des référentiels spécifiques de manipulation et de conditionnement. Cela permet de prolonger l’assurance au-delà de la production, mais il ne faut pas confondre la certification à la ferme avec l’ensemble des dispositifs de la chaîne d’approvisionnement.
Autrement dit, GLOBALG.A.P. sécurise d’abord la phase de production. Selon les besoins commerciaux et les marchés visés, cette base peut être complétée par d’autres référentiels ou add-ons.
Quels bénéfices pour une exploitation agricole ?
Lisibilité
Le premier bénéfice est la lisibilité. La certification fournit un cadre reconnu pour présenter ses pratiques à des clients qui veulent des garanties comparables d’un fournisseur à l’autre.
Organisation interne
Le deuxième est l’amélioration de l’organisation interne. La mise en conformité oblige à formaliser les pratiques, à fiabiliser les enregistrements, à clarifier les responsabilités et à mieux maîtriser les écarts. Ce travail peut renforcer la régularité opérationnelle et la préparation aux audits clients.
Accès au marché
Le troisième est l’accès ou le maintien sur certains marchés. Dans plusieurs filières, GLOBALG.A.P. est devenu un standard de référence pour le sourcing international. Il ne garantit pas à lui seul un débouché commercial, mais il peut conditionner l’entrée dans certaines relations d’affaires.
Réduction des risques
Le quatrième est la réduction de certains risques : risques de non-conformité, de litige documentaire, de rupture de traçabilité ou de fragilité réputationnelle en cas d’incident. Là encore, il s’agit d’un outil de maîtrise, pas d’une garantie absolue d’absence de problème.
GLOBALG.A.P. est-il reconnu par la GFSI ?
Sur ce point, il faut être précis. Certaines versions et certains périmètres du référentiel IFA ont obtenu une reconnaissance GFSI, ce qui renforce leur acceptation dans les chaînes d’approvisionnement mondiales axées sur la sécurité des aliments. En août 2024, GLOBALG.A.P. a annoncé la reconnaissance GFSI de la version 6.0 GFS de l’IFA pour les plantes et l’aquaculture.
Cette reconnaissance est utile commercialement, mais elle ne signifie pas que toutes les solutions GLOBALG.A.P. seraient automatiquement reconnues GFSI, ni que tous les certificats auraient le même statut. Il faut toujours vérifier la version du référentiel, le périmètre certifié et les règles applicables au marché visé.